le seul, en un mot, qui fasse entrevoir le mécanisme organique du sentiment, et
celui même des actes de l'intelligence.
Tout ce qui se produit physiquement, tout mouvement qui s'exécute, soit dans des
corps, soit entre des corps, et d'où résultent des effets, exige des conditions
pour pouvoir s'effectuer. C'est là le caractère de tous les faits physiques ; et
on sait assez que ce sont les seuls que nous puissions observer.
Lorsqu'on a suivi attentivement les conditions qu'exige l'état de chaque organe
ou de chaque système d'organes pour donner à l'animal telle ou telle faculté, on
reconnoît facilement que les infusoires ne sauroient avoir en eux une force
organique capable de leur faire exécuter d'eux-mêmes les mouvemens qu'on leur
observe. Certes, on ne sauroit attribuer au proteus diffluens une force
organique capable de lui faire opérer, d'un instant à l'autre, des changemens
aussi prompts dans ses lobes et sa forme générale, que ceux qu'il nous
présente.
Les invasions subites, dans ces petits corps gélatineux, des fluides subtils et
expansifs des milieux environnans, et leurs dissipations presque aussi subites,
peuvent seules rendre raison de ces mouvemens singuliers. De pareilles invasions
et dissipations : alternatives s'exécutent aussi dans les autres infusoires,
dans les polypes, etc. ; mais partout des différences dans la forme, la
consistance et le volume de ces corps, en apportent dans les effets,
c'est-à-dire, dans la nature, la lenteur ou la vitesse des mouvemens que les
traversées de ces fluides subtils produisent. Ces mêmes fluides subtils, selon
la diversité des circonstances que je viens d'indiquer, s'ouvrent alors des
routes différentes dans l'intérieur des animaux dont il s'agit ; et une fois
tracées, par les répétitions des passages, ces routes deviennent les causes
immédiates d'une similitude constante dans les actions et la nature des
mouvemens des individus de chaque race.
Ainsi, les habitudes particulières de chaque race, dans les infusoires, les
polypes, les radiaires mollasses, et dans tous les animaux apathiques, sont
dues, en totalité ou en partie, d'une part, aux invasions et aux dissipations
des fluides subtils du dehors, et de l'autre part, au tracé particulier, dans
l'organisation de chaque espèce, des routes que ces fluides subtils ont été
d'abord contraints de prendre, et qu'ensuite ils suivent toujours
nécessairement.
Dans les animaux dont je viens de parler, les habitudes constantes de chaque
race ne sont donc que les effets mécaniques d'une cause qui est hors d'eux ; et
c'est ainsi que ces habitudes, comme je l'ai dit au commencement de cet article,
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