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sur lesquelles notre attention s'est fixée, qui puissent nous en faire 
acquérir.
 

Je crois avoir développé suffisamment ce sujet dans ma Philosophie zoologique 
(vol. 2, pag. 391), à l'article attention, et j'y renvoie ceux qui peuvent s'y 
intéresser. Ici, je dirai seulement que si ces admirables phénomènes de 
l'organisation sont, comme beaucoup d'autres, si peu connus, c'est, d'une part, 
parce que l'on n'étudie point réellement la nature dans ses opérations, quoique 
l'on ait le plus grand intérêt à les connoître ; et, de l'autre part, parce que 
des préventions ont fait attribuer à ces mêmes phénomènes une source qui n'est 
nullement la leur.
 

Tout le monde sait que l'attention long-temps soutenue devient une fatigue ; que 
la méditation trop prolongée est dans le même cas et nous épuise ; donc les 
actes de l'intelligence sont, comme le mouvement musculaire, des actions 
organiques qui consument nos forces et auxquelles nous sommes obligés de mettre 
des bornes, pour les réparer par le repos.
 

2° Que la faculté d'acquérir et de se former des idées de différens ordres, et 
d'en imprimer, dans l'organe, les images ou des traits qui peuvent servir à les 
rappeler, constitue ce qu'il y a de première importance à considérer dans 
l'intelligence ; car, à son égard, il n'est partout question que d'idées, que 
d'opérations entre des idées, que de résultats de ces opérations qui sont encore 
des idées.
 

Ainsi, parmi les facultés dont la réunion constitue l'intelligence, la formation 
des idées étant la seconde et surtout la principale, il est question de savoir 
ce que sont ces idées elles-mêmes, et comment on les divise. Ici, je dirai peu 
de choses sur cet intéressant sujet, parce que je crois l'avoir convenablement 
traité, dans ce Dictionnaire, au mot idée (V. ce mot). Je rappellerai seulement 
que les idées doivent nécessairement être distinguées en trois sortes 
très-différentes, telles que : 1° les idées primaires ou de sensation ; 2° les 
idées complexes de tous les ordres, qui prennent leur source dans les idées 
primaires, et résultent de la combinaison de plusieurs idées, soit primaires, 
soit même complexes ; 3° les idées d'imagination, qui sont le produit de 
modifications arbitraires que nous avons le pouvoir de faire sur des idées 
acquises.
 

On a vu, à l'article idée, que les idées primaires ou simples sont celles qui ne 
se forment que par la voie des sensations remarquées ; qu'on les acquiert 
nécessairement les premières, sans cesser d'en pouvoir acquérir de nouvelles, et 
qu'elles n'en exigent point d'autres pour leur formation ; que ces idées 
constituent autant d'images particulières que 

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