moment à l'autre sur la surface de notre globe. Pendant tout le temps que dura
cet orage, une brise assez forte, soufflant du sud-ouest, ne troubla point d'une
manière extraordinaire l'état de l'atmosphère.
Un mois était à peine écoulé, lorsque la nouvelle se répandit à Laval qu'un
ouragan des plus terribles, suite de l'orage du 31 juillet, avait jeté la
consternation dans les campagnes et ravagé les environs de Mayenne ; les faits
qu'on racontait nous parurent si intéressans pour les sciences physiques, et si
incroyables en même temps, que nous partîmes six jours après l'événement, deux
de mes amis et moi, afin de nous assurer de la vérité.
Le bourg de Contest, situé sur la rive droite de la Mayenne, et bâti sur un des
plateaux les plus élevés de la chaîne de collines qui encaissent son lit, nous
offrit le spectacle le plus affligeant. De vieux chênes tordus comme de simples
lianes, lorsque leurs racines avaient résisté à l'effet incalculable de la
tempête, étoient brisée en éclat, et il n'en restait plus que des tronçons à
quelques pieds au-dessus du sol. Des châtaigniers, des frênes, des ormeaux
plantés sur les deux lisières du chemin, encombraient le passage, et avaient
leurs coupelles pêle-mêle entrelacées. Les toits de presque toutes les maisons
étaient déchirés en lambeaux, les uns dans un sens, les autres dans une
direction tout-à-fait opposée à la chûte du clocher étendu dans le cimetière, et
de la charpente de l'église, qui croula, une partie dans son enceinte, une
partie hors de ses murs. La boussole nous indiqua que le courant principal
portait du sud-ouest an nord-est. En s'engouffrant dans le vallon que forment
les collines entre lesquelles coule la Mayenne, au lieu de suivre le cours de
cette rivière qui lui présentait un bon conducteur, il la coupa obliquement, et
continua sa route. Les arbres qui restaient sur pied avaient la plupart les
branches éclatées et renversées sur leur tronc, dans le sens opposé de sa
direction. Tout nous confirma dans l'idée que nous avions conçue, qu'une
|
|