altérations dont j'ai connu les résultats, & sur mes recherches relativement à
la cause de ces altérations.
Je dirai seulement ici que les altérations qu'éprouvent continuellement les
débris des êtres organiques, opèrent sans cesse des changemens dans la
proportion de leurs principes qui restent combinés, & donnent continuellement
lieu à des composés différens. En effet, dans toute décomposition ou altération
que subissent dans la nature ou par l'art les substances composées, les
principes combinés qui les constituent, ne se dégagent pas tous entiérement & à
la fois de l'état de combinaison ; ces principes se dégagent réellement par
parties & toujours dans des quantités différentes selon leur nature ; l'eau &
l'air, par exemple, se dégageant toujours dans de plus grandes proportions que
les autres principes. Aussi résulte-t-il des altérations qu'éprouvent les
substances composées, des composés différens, lesquels deviennent à chaque
mutation de plus en plus simples, plus denses, plus durs, plus durables, moins
volumineux, contenant toujours d'autant moins d'eau & d'air parmi leurs
principes constituants, qu'ils sont plus éloignés de leur état primitif,
c'est-à-dire qu'ils ont plus subi d'altération.
On peut reconnoître le fondement de cette opinion en examinant l'ordre & la
nature des substances mentionnées dans ce tableau minéralogique. La terre qui
fait partie de la substance d'un être vivant ou d'un être organique mort depuis
peu, est alors parfaitement masquée par les autres principes qui se trouvent
combinés avec elle dans de grandes proportions ; elle est alors la plus éloignée
possible de l'état vitreux, qui est son état naturel, son état de pureté, en un
mot, l'état où elle jouit entiérement de ses propriétés, qui sont la solidité,
la fixité, l'infusibilité, & le défaut complet d'odeur & de saveur. Mais à
mesure que les substances qui ont fait partie des êtres organiques ont éprouvé
plus d'altération, ont subi plus de changemens, l'élément terreux se trouve de
plus en plus à découvert, c'est-à-dire moins masqué par les autres principes ; &
les composés dans lesquels il abonde, deviennent de plus en plus solides,
prennent tour à tour les noms d'argilles, de schits, de spaths-fluors, de
schorls, de feld-spath, de quartz, &c. jusqu'à ce qu'enfin l'élément terreux qui
fait la base principale de ces divers composés, se trouvant tout-à-fait dégagé
de l'état de combinaison, parvient à jouir de toutes ses propriétés, comme on le
voit dans le cristal de roche transparent, net, & sans couleur.
J'ai observé beaucoup de fois le passage des matières argilleuses à l'état
vitreux, & des matières calcaires au même état. Dans une des mines de Freyberg
en Saxe, où je suis descendu, j'ai trouvé une preuve manifeste de ce que
j'avance. Tout le sol est un schit micacé d'un gris bleuâtre ; ce schit à la
surface de la terre est mou, friable, & par-
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